Savoir repérer le syndrome pied-main-bouche

La dernière fois que nous nous étions penchés sur la santé infantile, c’était pour vous parler de la tétine connectée. Aujourd’hui, nous allons aborder un sujet bien plus concret. Maladie bénigne courante dans les crèches et les écoles, le syndrome pied-main-bouche est parfois confondu avec d’autres atteintes virales. Retrouvez ici ce qu’il faut savoir pour porter le diagnostic.

Une maladie fréquente

piedmainboucheDans les écoles, les maladies contagieuses sont souvent alarmantes. Dès qu’un enfant présente des boutons, les réactions viennent très rapidement : exclusion temporaire, absence forcée… Le syndrome pied-main-bouche figure parmi ces problèmes gênants dans la préscolaire au même titre que la rougeole, la varicelle et les oreillons. Bien que fréquente et pouvant survenir en épidémie, cette virose due à des entérovirus n’est généralement pas grave. De plus, ses complications sont extrêmement rares mais lorsqu’elles surviennent, celles-ci peuvent être fatales. Les atteintes sont aussi différentes pour un même germe. Par exemple, les entérovirus 71 peuvent être responsables de troubles cardiaques ou neurologiques importants dans certains cas mais d’aucune lésion notoire chez certains patients.

Des signes typiques

piedmainbouche2Le syndrome pied-main-bouche est reconnaissable par les très petits boutons surélevés, rouges, en nombre variable, situés surtout autour de la bouche. Dans l’univers médical, on parle de lésions vésiculeuses. Celles-ci sont légèrement brillantes et contiennent un liquide qui va s’assécher par la suite. Ces lésions siègent aussi au niveau des mains et des pieds et sont spécifiques à la maladie, expliquant cette appellation. Par ailleurs, ces symptômes cutanés sont accompagnés d’une tuméfaction des ganglions au niveau du cou chez un quart des patients. D’autres signes, moins fréquents, comme la fièvre et la fatigue peuvent surgir. A la différence des autres maladies virales de l’enfant, le syndrome pied-main-bouche n’occasionne pas d’éruption généralisée. La maladie est contagieuse, avec une incubation durant entre 3 et 5 jours. Le fluide contenu dans les cloques est responsable de la transmission d’une grande partie de germes. Il est donc déconseillé de les percer. Un enfant qui tousse ou qui éternue peut aussi transmettre cette maladie à ses camarades car le virus peut se propager dans l’air. Pour que la contagion cesse, il faut que les tâches et les aphtes aient complètement disparu. Vous trouverez sur cette page plus d’informations sur le syndrome pieds-mains-bouche.

Une évolution globalement favorable

En général, les lésions cèdent spontanément. Au bout de quelques jours, les boutons deviennent des croûtes et laissent seulement des taches. S’il y a des ulcérations à l’intérieur de la bouche, celles-ci peuvent persister pendant une semaine. Bien entendu, ces lésions occasionnent des douleurs à l’enfant lorsqu’il mange ou qu’il boit. Certaines précautions sont donc de mise. Entre autres, il faut éviter de donner des aliments chauds. Une bonne hygiène est essentielle pour éviter la contamination, comme le lavage fréquent des mains, surtout après avoir été aux toilettes. C’est une mesure indispensable pour casser le cycle de transmission du virus, longtemps présent dans les excréments. Il faut également rompre la transmission aérienne par l’utilisation de mouchoirs jetables et l’habitude de se couvrir la bouche en cas d’éternuement ou de toux. En somme, le syndrome pied-main-bouche est bénin et si vous l’avez repéré, vous n’aurez pas obligatoirement à aller chez le pédiatre mais donner juste un antalgique de type Paracétamol. Par contre, au moindre doute, une consultation s’impose car les complications peuvent laisser de graves séquelles.